• v0.0.3 a526b94e10

    v0.0.3 Stable

    bertrand released this 2026-06-22 21:59:44 +00:00 | 40 commits to main since this release

    Feu — Release v0.0.3

    Date : 22 juin 2026
    Statut : troisième release
    Licence : GNU General Public License v3.0 ou ultérieure (GPL-3.0-or-later)
    Photo technique — ce document décrit l'état réel du code, pas les intentions de conception.


    Résumé

    Troisième version. Release de restructuration : aucune nouvelle fonctionnalité métier. L'objectif est de poser des fondations architecturales stables avant d'avancer sur le réseau et les couches supérieures du protocole.

    Le workspace passe de deux crates (feu-core + feu-cli) à trois :

    • feu-noyau — l'ancien feu-core, renommé. Le cœur du protocole. Fonctionnellement identique à la v0.0.2, à des ajustements près (voir plus bas).
    • feu-application — nouvelle couche applicative. Unique consommateur de feu-noyau, elle orchestre les commandes, valide les préconditions et maintient l'état applicatif de session.
    • feu-tui — nouvelle interface TUI (Ratatui), à deux threads, qui remplace la CLI de test Rustyline (feu-cli).

    Le noyau reste le même : mêmes primitives cryptographiques, même structure disque, mêmes garanties de sécurité. Les ajustements portent sur la surface d'API (renommages, modèle de notification push à la place des appels d'affichage provisoires) et sur quelques fonctions de réparation et de diagnostic explicitées.

    Toutes les fonctionnalités du noyau ne sont pas pilotables depuis la TUI : ce n'était pas l'objectif de cette release. La TUI ne câble aujourd'hui que l'allumage/extinction du nœud, l'ouverture/fermeture de foyer et la navigation. Le dépôt de données, les signatures, le chiffrement asymétrique, les diagnostics et le changement de mot de passe existent dans feu-application mais ne sont pas encore reliés à l'interface.

    Aucun réseau. Aucun ENU, IdNU, condition, relais ou paquet.


    Périmètre

    Ce qui change en v0.0.3 (restructuration) :

    • Workspace réorganisé en trois crates : feu-noyau, feu-application, feu-tui.
    • feu-corefeu-noyau (renommage, code fonctionnellement identique).
    • feu-cli (CLI Rustyline) supprimée, remplacée par feu-tui (TUI Ratatui à deux threads).
    • Nouvelle couche feu-application intercalée entre le noyau et la présentation.
    • InterfaceFeuNoyau refondue : suppression des méthodes d'affichage provisoires (afficher, afficher_erreur, demander), adoption d'un modèle de notification push (recevoir_seed, confirmer_enregistrement_seed, recevoir_onion_foyer, recevoir_etat_foyer).
    • API publique du noyau renommée : les méthodes perdent le préfixe commande_ (porté désormais par feu-application). Exemple : commande_depot_donnees du noyau v0.0.2 devient depot_donnees.
    • Contrainte de longueur minimale du mot de passe retirée du noyau (zéro contrainte, ni noyau ni TUI).

    Ce qui reste du noyau v0.0.2 (inchangé) :

    • Gardien / Cryptographe / Archiviste — mêmes responsabilités, même séparation.
    • Génération seed BIP39, dérivation SLIP-0010, arbre de dérivation plat.
    • Cycle de vie nœud (initialisation, allumage) et foyer (ouverture, fermeture, archivage chiffré).
    • Stockage content-addressable par classeurs (SHA3-256), double chiffrement des blobs.
    • Chiffrement asymétrique ECIES X25519, signatures Ed25519 (nœud et foyer), vérification stricte.
    • Diagnostics de présence des fichiers du nœud et des foyers.
    • Démarrage en secours (réparation depuis seed) et fermeture en secours d'un foyer.
    • Changement de mot de passe avec rechiffrement atomique du trousseau.
    • Toute la cryptographie et toute la structure disque (détaillées dans les sections dédiées plus bas).

    Ce qui n'existe pas :

    • Réseau (Tor, gossip protocol).
    • ENU (ENUd, ENUt, ENUr), IdNU.
    • Conditions, registre de conditions.
    • Relais, paquets.
    • Export/import de classeurs.
    • Pilotage depuis la TUI des opérations de données, de signature, de chiffrement asymétrique, de diagnostic et de changement de mot de passe.

    Architecture

    Trois crates, empilées en couches strictes. Chaque couche ne connaît que celle immédiatement en dessous.

    ┌────────────────────────────────────────────┐
    │  feu-tui        présentation (TUI Ratatui)  │  binaire, deux threads
    ├────────────────────────────────────────────┤
    │  feu-application  orchestration applicative │  unique consommateur du noyau
    ├────────────────────────────────────────────┤
    │  feu-noyau        cœur du protocole         │  Gardien · Cryptographe · Archiviste
    └────────────────────────────────────────────┘
    
    • feu-noyau expose la structure FeuNoyau. Aucun composant interne n'est accessible depuis l'extérieur du crate.
    • feu-application est l'unique consommateur de feu-noyau dans le workspace. La présentation ne touche jamais directement le noyau.
    • feu-tui est un binaire qui consomme feu-application et pilote le terminal.

    Cette stratification est l'apport principal de la v0.0.3 : elle isole le protocole (feu-noyau), sa logique d'orchestration (feu-application) et son rendu (feu-tui) dans des unités de compilation séparées, ouvrant la voie à d'autres présentations (une autre interface, un accès programmatique) sans toucher au cœur.

    Le noyau — composants internes

    Inchangés depuis la v0.0.2. FeuNoyau orchestre :

    • Gardien — unique point d'accès au système de fichiers. Délègue la connaissance de l'arborescence à son Carnet, maintient la Configuration en mémoire (miroir de config.feu).
    • Cryptographe — unique composant autorisé à manipuler des données en clair. Maintient les clés déchiffrées dans son Trousseau.
    • Archiviste — un par foyer ouvert, gère l'arborescence interne d'un foyer (registre + classeurs). Ne détient jamais de clés, ne voit jamais d'octets en clair. Transfert des blobs via le Tiroir (zéroïsation).

    La séparation Gardien/Cryptographe reste la décision architecturale fondatrice : le disque et la mémoire en clair ne se rencontrent jamais dans le même composant.


    feu-noyau

    InterfaceFeuNoyau (refondue)

    Contrat entre le noyau et son appelant direct (feu-application). Le modèle a changé : les anciennes méthodes d'affichage provisoires (afficher, afficher_erreur, demander), conceptuellement incorrectes — afficher depuis le noyau n'est pas son rôle — sont supprimées au profit de notifications d'état poussées vers l'appelant.

    Méthode Rôle
    demander_mdp Collecte d'un mot de passe masqué (Option<SecretString>)
    recevoir_seed Transmet les mots de la seed BIP39 à l'initialisation, avant zéroïsation
    confirmer_enregistrement_seed Demande confirmation que la seed est enregistrée ; false interrompt l'init
    recevoir_onion_foyer Notifie l'adresse .onion d'un foyer (allumage et init)
    recevoir_etat_foyer Notifie un changement d'état d'ouverture d'un foyer (ouverture/fermeture)
    recevoir_cle_publique_noeud Notifie la clé publique Ed25519 du nœud à l'allumage
    recevoir_cles_publiques_foyer Notifie les clés Ed25519 + X25519 d'un foyer à son ouverture

    Le trait remplit deux rôles distincts, et c'est cette distinction qui guide sa conception :

    • Entrées — le noyau réclame ce dont il a besoin et attend la réponse : le mot de passe (demander_mdp) et la confirmation d'enregistrement de la seed (confirmer_enregistrement_seed, qui peut interrompre l'initialisation). C'est le noyau qui décide quand et pourquoi réclamer le mot de passe, parce qu'il est le seul à le savoir. Ce choix minimise la fenêtre d'exposition du secret en mémoire — l'appelant ne détient jamais le mot de passe plus longtemps que l'instant de la saisie, et n'a pas à anticiper les besoins du noyau.
    • Notifications poussées — les cinq autres méthodes (recevoir_seed, recevoir_onion_foyer, recevoir_etat_foyer, recevoir_cle_publique_noeud, recevoir_cles_publiques_foyer) retournent () : le noyau pousse une information au moment exact où elle devient disponible, sans rien attendre en retour. Ce sont des changements que l'appelant ne pourrait pas observer autrement (seed à l'initialisation, adresses .onion, états d'ouverture, clés publiques). L'appelant en fait ce qu'il veut — les stocker, les afficher, les ignorer ; le noyau, lui, ne suppose rien de la nature de la présentation.

    Principe de conception commun aux deux interfaces du workspace : l'interface est passée en paramètre à chaque méthode qui en a besoin, jamais stockée dans une struct. FeuNoyau ne possède pas son InterfaceFeuNoyau ; il le reçoit à l'appel et le rend à la fin. Ce choix supprime tout problème de propriété et de durée de vie (pas de lifetime ni de générique à porter dans la structure), et garantit que le protocole reste totalement découplé de sa couche de présentation — un même FeuNoyau peut être piloté par des interfaces différentes au fil de ses appels.

    API publique de FeuNoyau

    FeuNoyau est le point d'entrée unique. Ses méthodes ont perdu le préfixe commande_ (déplacé dans feu-application).

    Méthode Rôle Mutabilité
    new Initialise (arborescence absente) ou allume (présente) le nœud. Option<SecretString> : nouvelle seed ou phrase fournie associée
    demarrage_secours Répare l'arborescence d'un nœud existant depuis une seed (réécriture en deux passes) associée
    changement_mdp Change le mot de passe et rechiffre tout le trousseau (exige tous les foyers ouverts) &mut self
    ouverture_foyer Déchiffre l'archive, charge les clés, instancie l'Archiviste &mut self
    fermeture_foyer_index Archive, chiffre, détruit l'Archiviste, supprime le dossier clair &mut self
    secours_fermeture_foyer_index Ferme un foyer resté ouvert après arrêt anormal (recharge depuis le dossier clair) &mut self
    depot_donnees Stocke un blob dans un classeur (chiffrement, hash, idempotence) &mut self
    lecture_donnees Déchiffre un blob vers une destination &mut self
    suppression_donnees Supprime un blob &self
    liste_blobs Liste les hashes d'un classeur &self
    existence_blob Teste l'existence d'un blob &self
    informations_blob Métadonnées système d'un blob (DonneesBlob) &self
    chiffrement_asymetrique Chiffre des octets via ECIES X25519 &self
    dechiffrement_asymetrique Déchiffre un message ECIES (foyer ouvert) &self
    signature_noeud Signe avec la clé du nœud (m/0') &self
    signature_foyer Signe avec la clé d'un foyer (foyer ouvert) &self
    verification_signature Vérifie une signature Ed25519 (verify_strict) &self
    diagnostic_noeud Diagnostic de présence des fichiers du nœud (sans modification) associée
    diagnostic_foyer Diagnostic d'un foyer ouvert (clés, registre, liens) &self

    new détecte automatiquement l'état du nœud : si ~/.feu est absent, il initialise (génère ou restaure la seed, crée l'arborescence, ferme les foyers) ; sinon il allume (charge la configuration, déverrouille le trousseau).

    Un Drop sur FeuNoyau panique si des foyers sont encore ouverts à la destruction — filet de sécurité contre toute sortie silencieuse laissant un dossier clair sur le disque.

    Contraintes d'état (inchangées)

    • changement_mdp : tous les foyers doivent être ouverts (clés en mémoire).
    • ouverture_foyer : index valide, foyer non déjà ouvert.
    • fermeture_foyer_index : foyer ouvert.
    • secours_fermeture_foyer_index : diagnostic du foyer sans anomalie, dossier clair présent.
    • Opérations de données : foyer ouvert, index de classeur valide.
    • dechiffrement_asymetrique, signature_foyer : foyer ouvert. chiffrement_asymetrique, signature_noeud : nœud allumé.

    feu-application

    Couche d'orchestration, introduite en v0.0.3. FeuApplication détient l'instance du noyau et l'état applicatif, valide les préconditions et expose une API stable (les commande_*) à la présentation.

    Rôle et choix de conception

    feu-application est l'unique consommateur de feu-noyau dans le workspace : aucune autre crate n'a le droit d'appeler le noyau directement. Cet invariant — toute interaction avec feu-noyau passe par FeuApplication — est ce qui donne son sens à la couche. Il concentre en un seul endroit :

    • la validation des préconditions applicatives avant de toucher au noyau (par exemple : refuser l'extinction tant qu'un foyer est ouvert, ou rejeter toute commande tant que le nœud n'est pas allumé via ErreurFeuApplication::NoeudEteint) ;
    • la traduction des erreurs du noyau vers un type stable (ErreurFeuApplication) qui ne laisse fuiter aucun détail interne ;
    • la tenue de l'état applicatif de session (SessionApplication), que le noyau ne maintient pas pour la présentation.

    Ce point de passage unique est aussi un point d'ancrage : c'est depuis FeuApplication que d'autres crates pourront être branchées par la suite selon les besoins du protocole (un sous-système réseau, par exemple), chacune orchestrée au même endroit, derrière la même API stable, sans que la présentation ni le noyau aient à changer. La couche existe précisément pour absorber cette croissance future sans la diffuser dans le reste du workspace.

    Enfin, feu-application est volontairement synchrone et ignorante de tout contexte concurrent : elle est écrite comme si elle tournait seule. C'est la couche de présentation (feu-tui) qui l'enveloppe dans un thread (voir la section feu-tui plus bas). Cette séparation est ce qui permet de la tester seule et de la réutiliser sous une autre présentation.

    Cycle de vie

    FeuApplication suit un cycle en deux phases :

    1. ConstructionFeuApplication::new crée la struct avec le noyau absent (feu_noyau: None).
    2. Allumagecommande_allumage_noeud initialise ou allume le noyau. Toutes les autres commandes retournent ErreurFeuApplication::NoeudEteint tant que cette étape n'a pas été franchie.
    pub struct FeuApplication {
        feu_noyau: Option<FeuNoyau>,   // None jusqu'à l'allumage
        session: SessionApplication,
    }
    

    InterfaceFeuApplication

    Contrat entre FeuApplication et la présentation. Regroupe les interactions utilisateur déléguées et la notification d'état :

    Méthode Rôle
    demander_mdp Collecte du mot de passe (Option<SecretString>)
    recevoir_seed Transmet les mots de la seed à afficher
    confirmer_enregistrement_seed Demande confirmation de l'enregistrement de la seed
    recevoir_session_application Notifie un changement d'état applicatif (Option<SessionApplication>)

    Pourquoi seulement quatre méthodes, alors que InterfaceFeuNoyau en compte sept ? Parce que les notifications fines du noyau (adresses .onion, états d'ouverture, clés publiques) ne remontent pas jusqu'à la présentation : elles sont absorbées au passage dans SessionApplication (voir RecepteurNoyau ci-dessous). La présentation n'a donc pas besoin de les recevoir une par une — elle reçoit, en fin de commande, un instantané cohérent et complet de la session via recevoir_session_application. Les trois autres méthodes sont les interactions que seule la présentation peut servir : saisir le mot de passe, afficher la seed, confirmer son enregistrement.

    Le modèle de notification est un push via le trait, et non un getter exposé sur FeuApplication. Trois raisons :

    • un getter forcerait la présentation à interroger l'état à chaque frame — un couplage temporel inutile ;
    • le trait est déjà le seul point de contact avec la présentation : y placer la notification garde feu-application aveugle à la nature de cette présentation (TUI, ou autre) ;
    • ajouter un canal directement dans FeuApplication violerait le principe « l'interface est passée à l'appel, jamais stockée ».

    recevoir_session_application est appelée une seule fois à la fin de chaque commande qui mute la session, une fois self.session dans un état cohérent — jamais en cours de mutation, jamais depuis les setters. Le payload est un Option<SessionApplication> : Some(clone) après une commande mutante réussie, None à l'extinction du nœud (la présentation doit alors tout oublier). Le Clone (dérivé) est ce qui permet à l'instantané de franchir la frontière de thread vers la présentation sans Arc ni Mutex — une copie isolée, immuable du point de vue du receveur.

    RecepteurNoyau — pont interne

    RecepteurNoyau est la pièce d'articulation entre les deux interfaces — c'est l'un des choix de conception structurants de la v0.0.3. C'est un pont éphémère, construit pour la durée d'un seul appel noyau puis détruit. Il emprunte à la fois &mut SessionApplication et &mut dyn InterfaceFeuApplication, et implémente InterfaceFeuNoyau : c'est donc lui que FeuNoyau reçoit comme interface, sans jamais voir la présentation directement.

    Son rôle est de router les sept méthodes de InterfaceFeuNoyau selon leur destination — le critère n'est pas « entrée ou notification », mais « cela concerne-t-il l'utilisateur, ou n'est-ce qu'une donnée d'état ? » :

    • les trois méthodes qui requièrent l'utilisateur (demander_mdp pour la saisie, recevoir_seed pour l'affichage, confirmer_enregistrement_seed pour la confirmation) sont déléguées à InterfaceFeuApplication, car seule la présentation peut les servir ;
    • les quatre méthodes qui ne transportent que des données d'état (recevoir_onion_foyer, recevoir_etat_foyer, recevoir_cle_publique_noeud, recevoir_cles_publiques_foyer) sont écrites directement dans SessionApplication, sans déranger la présentation.

    Concrètement, les données d'état s'accumulent dans la session pendant l'exécution de la commande, et FeuApplication n'en publie le résultat consolidé qu'une seule fois, à la fin, via recevoir_session_application. La présentation reçoit ainsi un état cohérent, jamais une succession d'événements partiels.

    RecepteurNoyau est privé : la présentation n'en a pas connaissance. Il illustre le principe « l'interface est passée, jamais stockée » poussé jusqu'au bout — il est recréé à chaque appel précisément pour ne pas avoir à vivre dans FeuApplication entre deux commandes.

    SessionApplication

    État applicatif de session, dérive Clone. Centralise tout ce que la couche doit mémoriser entre les commandes :

    • capacités du noyau, dérivées des constantes MAX_* (nombre de foyers, de classeurs, tailles maximales) ;
    • adresses .onion et états d'ouverture de chaque foyer ;
    • clé publique de signature du nœud ;
    • clés publiques de signature (Ed25519) et de chiffrement (X25519) de chaque foyer.

    Les setters sont pub(crate) (seul RecepteurNoyau les appelle), les getters sont publics.

    Commandes

    Commande Rôle
    commande_allumage_noeud Initialise ou allume le nœud
    commande_extinction_noeud Éteint le nœud (exige tous les foyers fermés), libère le noyau, réinitialise la session
    commande_changement_mdp Change le mot de passe
    commande_ouverture_foyer / commande_fermeture_foyer Ouvre / ferme un foyer
    commande_secours_fermeture_foyer Ferme en secours un foyer resté ouvert
    commande_depot_donnees / commande_lecture_donnees / commande_suppression_donnees Cycle de vie des blobs
    commande_liste_blobs / commande_existence_blob / commande_information_blob Interrogation des blobs
    commande_chiffrement_asymetrique / commande_dechiffrement_asymetrique ECIES X25519
    commande_signature_noeud / commande_signature_foyer / commande_verification_signature Signatures Ed25519
    commande_diagnostic_noeud / commande_diagnostic_foyer Diagnostics

    commande_extinction_noeud est l'opération symétrique de l'allumage, introduite dans cette release au niveau applicatif : elle vérifie qu'aucun foyer n'est ouvert, met feu_noyau à None (efface les clés privées en mémoire), réinitialise SessionApplication et notifie la présentation avec recevoir_session_application(None). Elle n'écrit rien sur disque.


    feu-tui

    Interface terminal construite sur Ratatui et crossterm. Remplace la CLI Rustyline de test des versions précédentes.

    Architecture à deux threads

    Pourquoi deux threads. feu-noyau et feu-application sont écrits de façon strictement synchrone : quand le noyau a besoin du mot de passe, il appelle demander_mdp() et attend la valeur de retour au milieu de sa pile d'appel. Or une TUI exige l'inverse : sa boucle doit tourner en permanence pour redessiner et lire le clavier. Sur un seul fil d'exécution, ces deux besoins sont incompatibles — appeler l'API synchrone du cœur depuis la boucle de rendu la gèle, et la gèle précisément au moment où il faudrait redessiner pour saisir le mot de passe réclamé : l'interface se fige en attendant une réponse qu'elle ne peut plus produire.

    La séparation en deux threads dénoue ce nœud : le thread cœur a le droit de bloquer (c'est son rôle), le thread TUI ne bloque jamais et continue de dessiner. Le connecteur traduit l'appel synchrone bloquant du cœur en « envoi d'un message à la TUI + attente sur un canal » : c'est son thread qui bloque, pas l'interface. feu-application et feu-noyau n'en savent rien — ils croient appeler une interface ordinaire. La concurrence est entièrement encapsulée dans la couche TUI, derrière la façade synchrone qu'est InterfaceFeuApplication. Ce choix se généralise à d'éventuels sous-systèmes bloquants ultérieurs (le réseau), chacun caché derrière sa propre façade synchrone, sans imposer de runtime asynchrone au noyau.

    main monte deux threads communiquant par deux canaux mpsc typés, sans aucun état partagé :

    • le thread principal exécute la boucle TUI (Tui::lancer) ;
    • le thread cœur (spawné par ConnecteurVersTui::lancer_thread_coeur) pilote FeuApplication.
            MessageTuiCoeur  →
     [Tui]  ───────────────────  [FeuApplication]
            ←  MessageCoeurTui
    

    À la sortie, main attend le thread cœur via join() ; un panic du thread cœur fait sortir le processus avec le code 1. Le terminal est restauré par le guard de ratatui::run.

    Connecteurs et protocole de messages

    • ConnecteurVersTui vit dans le thread cœur. Il possède FeuApplication et implémente InterfaceFeuApplication. Sa boucle de dispatch traite exhaustivement chaque variante de MessageTuiCoeur (aucun _ => {}) : toute variante ajoutée à l'avenir provoque une erreur de compilation tant qu'elle n'est pas traitée.
    • ConnecteurVersCoeur vit dans le thread TUI. Il expose l'envoi de commandes et la lecture non bloquante (try_recv) du canal cœur→TUI à chaque frame.

    MessageTuiCoeur (TUI → cœur) : AllumageNoeud, ExtinctionNoeud, EnvoieMdp, OuvertureFoyer(usize), FermetureFoyer(usize), SeedBienRecue, Annulation, Quitter.

    MessageCoeurTui (cœur → TUI) : AffichageErreur(String), AttenteMdp, EnvoiSeed(Vec<SecretString>), EnvoiSessionApplication(Option<SessionApplication>).

    Les index de foyer transitent en base 1 (valeur saisie/affichée par l'utilisateur) ; la conversion en base 0 est faite par le connecteur cœur (index_foyer - 1) juste avant l'appel à FeuApplication.

    Boucle et désynchronisation

    La boucle TUI tourne en continu via poll(50 ms) : elle ne bloque jamais plus de 50 ms, dépouille le canal cœur→TUI à chaque itération via try_recv, et décrémente une fois par seconde les comptes à rebours des éléments éphémères (messages d'erreur, messages d'aide). Les deux threads sont désynchronisés — la TUI n'attend aucune réponse du cœur, sauf les attentes bloquantes explicites côté cœur (demander_mdp, recevoir_seed).

    Modèle d'interaction — quatre axes orthogonaux

    L'état de l'interface (EtatTui) se lit sur quatre axes indépendants :

    • Ecran — quelle famille visuelle est dessinée : Normal (carré à angles droits), SaisieMdp (cadre arrondi orange piloté par le cœur), AffichageSeed (cadre arrondi orange, mots en 3 colonnes).
    • ModeSaisie — comment les touches sont interprétées : Normal (dispatch via la table de commandes), Insertion (accumulation dans un buffer, Entrée valide, Échap annule), Information (Entrée seule fait avancer l'écran).
    • PositionCourante — où l'utilisateur se situe dans la pseudo-arborescence foyer → classeur, affichée en fil d'Ariane dans l'invite (feu/foy.N/cla.M ›). Trois niveaux : racine, dans un foyer, dans un classeur.
    • CommandesActives — quelles touches sont actives dans le contexte courant.

    Table de commandes contextuelle déclarative

    Commande représente une intention métier ; CommandesActives encapsule une HashMap<(KeyCode, KeyModifiers), Commande>. La boucle clavier ne connaît aucun raccourci hardcodé : elle interroge la table et dispatche ce qu'elle retourne, ou ne fait rien.

    La table est une fonction pure de l'état : CommandesActives::new(&Option<SessionApplication>, &PositionCourante) la reconstruit intégralement à chaque changement d'état pertinent (réception d'une nouvelle session, ou après chaque commande dispatchée). Pas de mutation incrémentale, pas d'état caché, pas de risque de désynchronisation entre la table, la session et la position.

    Filtrage strict : présence dans la table ⇔ effet réel possible. Une touche présente déclenche systématiquement quelque chose ; une touche absente est ignorée silencieusement (pas d'erreur, pas de feedback).

    Cartographie clavier selon le contexte (? toujours actif, liste les touches courantes) :

    Contexte Touches actives
    Nœud éteint, racine a allume · q quitte
    Nœud allumé, aucun foyer ouvert e éteint · o ouvre un foyer
    Nœud allumé, ≥ 1 foyer ouvert, racine o ouvre (si capacité libre) · 1-9 entrent dans un foyer ouvert
    Dans un foyer f ferme le foyer courant · 1-9 entrent dans un classeur · remonte · o ouvre
    Dans un classeur f ferme le foyer parent · remonte · o ouvre

    Asymétrie ouverture / fermeture : ouvrir demande une saisie d'index (OuvrirFoyer — on ne peut pas naviguer vers un foyer qui n'existe pas), fermer n'en demande pas (FermerFoyer(index) capture l'index depuis la position courante au moment de la construction de la table). Le geste est naviguer puis fermer : 3 puis f ferme le foyer 3.

    La borne 1-9 (et non 1-max) reflète le mapping sur les caractères ASCII '1'..'9' ; les capacités réelles du noyau (MAX_FOYERS = 3, MAX_CLASSEURS = 5) restent largement en deçà.

    Ce que la TUI pilote — et ce qu'elle ne pilote pas encore

    Câblé dans la TUI : allumage du nœud, extinction, ouverture de foyer (avec saisie du numéro), fermeture de foyer, saisie du mot de passe, affichage et confirmation de la seed, navigation dans la pseudo-arborescence.

    Non câblé (exposé par feu-application mais sans liaison clavier) : dépôt / lecture / suppression / liste de blobs, chiffrement et déchiffrement asymétriques, signatures, vérification de signature, diagnostics, changement de mot de passe, fermeture en secours. C'était délibéré : l'objectif de cette release était la restructuration, pas l'exhaustivité de l'interface.


    Gestion d'erreurs

    Une chaîne de conversion From par couche, toutes construites avec thiserror. Chaque couche encapsule l'erreur de la couche inférieure dans une String via .to_string() — le type interne est perdu, seul le message textuel remonte, ce qui préserve l'encapsulation.

    Type Crate Préfixe de message Variantes notables
    ErreurFeuNoyau feu-noyau NOY > Gardien, Cryptographe, Archiviste (String) ; IndexInvalide, FoyerDejaOuvert, FoyerFerme, TousFoyersNonOuverts, TailleMaxDepassee, OnionIntrouvable, …
    ErreurFeuApplication feu-application APP > FeuNoyau(String), Standard(String), NoeudEteint, AuMoinsUnFoyerOuvert

    Au sein du noyau, les erreurs internes (ErreurGardien, ErreurCryptographe, ErreurArchiviste) sont elles-mêmes agrégées dans ErreurFeuNoyau. Les préfixes de couche (NOY >, APP >) servent de marqueurs lorsqu'un message est encapsulé par la couche supérieure : un message remonté du noyau jusqu'à la TUI porte la trace de son origine.

    feu-tui ne définit pas de type d'erreur métier : il affiche le message reçu via MessageCoeurTui::AffichageErreur dans EtatTui::message_erreur (compte à rebours de 5 s).


    Cryptographie

    La cryptographie est inchangée par rapport à la v0.0.2, à une exception près : la suppression de la contrainte de longueur minimale du mot de passe dans le cryptographe — aucune contrainte n'est plus imposée, ni dans le noyau ni dans la TUI.

    Mode logiciel

    L'architecture cible repose sur un hardware wallet. Cette version reproduit le même processus de dérivation entièrement en mémoire : la seed et la clé maître SLIP-0010 sont générées, utilisées pour dériver l'ensemble des clés, puis détruites. Elles ne sont jamais stockées sur le disque.

    Dérivation des clés

    La seed BIP39 (12 mots, dictionnaire français) est la racine absolue. L'arbre de dérivation est volontairement plat — un seul niveau de profondeur sépare le nœud des foyers. Toute la diversification se fait par le message signé.

    1. Seed BIP39clé maître SLIP-0010 (label "ed25519 seed") → détruite après dérivation.
    2. Clé du nœud — chemin m/0' (Ed25519, dérivation durcie). Clé privée stockée chiffrée sur le disque.
    3. Clés de chaque foyer — chemin m/i' (index 1 à MAX_FOYERS). La clé m/i' signe des messages normalisés ; chaque signature (64 octets) est passée à HKDF-SHA3-256 pour produire la clé opérationnelle.

    HKDF est appelé avec salt = None (remplacé par un sel zéro de 32 octets, RFC 5869 §2.2) et info = b"" (vide). La différentiation des clés opérationnelles est entièrement portée par le message signé (IKM), pas par le paramètre info.

    Message signé Dérivation Usage
    "feu-foyer-symetrique" HKDF → clé AES-256-GCM (32 octets) Chiffrement de l'archive du foyer
    "feu-foyer-paire-signature" HKDF → seed Ed25519 → paire de clés Signature réseau, dérivation de l'adresse .onion
    "feu-foyer-paire-chiffrement" HKDF → seed Ed25519 → conversion X25519 Chiffrement réseau
    "feu-foyer-classeur1" à "feu-foyer-classeur5" HKDF → clé AES-256-GCM (32 octets) Clés de classeurs — stockées chiffrées sur le disque

    Sel Argon2id

    Dérivé de façon déterministe : la clé privée du nœud signe le label "feu-noeud-sel", les 16 premiers octets de la signature constituent le sel. Stocké en clair — toujours recalculable depuis la seed.

    Protection des clés au repos

    Argon2id(mot de passe, sel) → clé éphémère AES-256-GCM (32 octets). Toutes les clés privées et symétriques sont chiffrées avec cette clé éphémère. La clé éphémère et le mot de passe sont zéroïsés dès le trousseau constitué.

    Paramètres Argon2id effectifs (défauts de la crate, conformes aux recommandations minimales RFC 9106) :

    Paramètre Valeur
    m_cost 19 456 KiB
    t_cost 2 itérations
    p_cost 1 thread

    Chiffrement symétrique des blobs

    Chaque classeur possède sa propre clé AES-256-GCM (32 octets), dérivée et stockée chiffrée sur le disque. Le chiffrement d'un blob produit : nonce (12 octets) || ciphertext || auth tag (16 octets). Le hash SHA3-256 est calculé sur le clair avant chiffrement — il sert d'identifiant content-addressable.

    L'idempotence du dépôt est assurée : si un blob portant le même hash existe déjà dans le classeur, le hash est retourné silencieusement sans réécriture.

    Double chiffrement

    Un blob est protégé par deux couches :

    1. Chiffrement classeur (foyer ouvert) — AES-256-GCM avec clé dédiée au classeur. Permanent : le blob est stocké chiffré dans classeurN/<hash>.dat.
    2. Chiffrement archive (foyer fermé) — AES-256-GCM-stream avec clé symétrique du foyer. Le dossier entier du foyer (incluant les blobs déjà chiffrés) est compressé en tar puis chiffré en .feu.

    Chiffrement asymétrique (ECIES)

    Schéma ECIES sur X25519, pour chiffrer des données à destination d'un foyer identifié par sa clé publique X25519 :

    1. Génère une paire X25519 éphémère.
    2. ECDH : secret_partagé = clé_éphémère_privée × clé_pub_destinataire.
    3. Dérive une clé AES-256-GCM via HKDF-SHA3-256 (info = "feu-chiffrement-asymetrique").
    4. Chiffre avec AES-256-GCM (nonce aléatoire).
    5. Zéroïse le secret partagé et la clé dérivée.

    Format de sortie :

    [0..32]  clé éphémère publique X25519
    [32..44] nonce AES-GCM (12 octets)
    [44..]   ciphertext + auth tag (16 octets)
    

    Taille limitée à MAX_TAILLE_CHIFFREMENT_ASYMETRIQUE (1 Mio) — l'intégralité du message est en mémoire.

    Signature Ed25519

    Deux niveaux de signature :

    • Nœud (m/0') — clé racine, signe les actes engageant le nœud dans sa globalité.
    • Foyer (m/index', message "feu-foyer-paire-signature") — authentifie les échanges du foyer.

    Taille limitée à MAX_TAILLE_SIGNATURE (64 Kio) : réservée aux structures légères.

    La vérification utilise verify_strict (ed25519-dalek) — résistance aux attaques par malléabilité de signature.

    Zéroïsation des secrets

    Deux mécanismes complémentaires :

    • SecretBox<T> (crate secrecy) — wrapping explicite des secrets dont le type implémente Zeroize. L'accès au contenu est contraint à expose_secret() / expose_secret_mut().
    • ZeroizeOnDrop (crate zeroize) — utilisé pour SigningKey (ed25519-dalek), dont le type n'implémente pas Zeroize et ne peut pas être encapsulé dans SecretBox.

    Les features zeroize sont activées sur aes-gcm, ed25519-dalek et bip39. Le mot de passe et la clé éphémère sont stockés dans des Option<SecretBox<...>> mis à None explicitement après usage.

    Le Tiroir zéroïse le blob en clair lors du remplacement par le blob chiffré (remplace_blob) et lors du vidage (vider).

    Adresse .onion

    Dérivée de la clé publique de signature réseau du foyer selon le standard Tor v3 : base32(clé_publique || checksum_SHA3-256 || version). C'est l'identifiant unique du foyer — nom du dossier et des archives sur le disque.

    Séparation des fonctions cryptographiques

    Algorithme Fonction Usage
    Ed25519 Signature Clé de nœud, signature réseau du foyer
    X25519 Échange de clés Chiffrement ECIES, clé de chiffrement réseau du foyer
    AES-256-GCM Chiffrement symétrique authentifié Archives de foyer, protection des clés au repos, chiffrement des blobs, chiffrement ECIES
    Argon2id Dérivation depuis mot de passe Protection du trousseau sur le disque
    HKDF-SHA3-256 Dérivation de clé Production des clés opérationnelles depuis les signatures, dérivation de clé ECIES
    SHA3-256 Hashage Identifiants content-addressable des blobs, adresses .onion

    Structure disque

    Inchangée par rapport à la v0.0.2. Racine : ~/.feu/. Permissions : dossiers rwx------ (0o700), fichiers rw------- (0o600). Toutes les écritures de fichiers de clés sont atomiques : écriture dans <chemin>.tmp (0o600), puis rename sur la cible.

    Foyer fermé

    ~/.feu/
    ├── config.feu                    ← configuration globale (en clair)
    ├── .cles/
    │   ├── sel.feu                   ← sel Argon2id, 16 octets (en clair)
    │   ├── feu_sig.priv              ← clé privée de signature du nœud (chiffrée)
    │   ├── feu_sig.pub               ← clé publique de signature du nœud (en clair)
    │   ├── <onion1>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 1 (chiffrée)
    │   ├── <onion2>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 2 (chiffrée)
    │   └── <onion3>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 3 (chiffrée)
    ├── <onion1>.feu                  ← archive chiffrée foyer 1
    ├── <onion2>.feu                  ← archive chiffrée foyer 2
    └── <onion3>.feu                  ← archive chiffrée foyer 3
    

    Foyer ouvert

    L'archive .feu est absente. Le dossier est extrait à sa place :

    ~/.feu/
    └── <onion>/
        ├── .cles/
        │   ├── sig.priv              ← clé privée de signature réseau (chiffrée)
        │   ├── sig.pub               ← clé publique de signature réseau (en clair)
        │   ├── chif.priv             ← clé privée de chiffrement réseau (chiffrée)
        │   ├── chif.pub              ← clé publique de chiffrement réseau (en clair)
        │   ├── classeur0.cle         ← clé AES-256-GCM du classeur 0 (chiffrée)
        │   ├── classeur1.cle         ← clé AES-256-GCM du classeur 1 (chiffrée)
        │   ├── classeur2.cle         ← clé AES-256-GCM du classeur 2 (chiffrée)
        │   ├── classeur3.cle         ← clé AES-256-GCM du classeur 3 (chiffrée)
        │   └── classeur4.cle         ← clé AES-256-GCM du classeur 4 (chiffrée)
        ├── registre/
        │   ├── classeur.0  → ../       ← lien symbolique vers la racine du foyer
        │   ├── classeur.1  → ../
        │   ├── classeur.2  → ../
        │   ├── classeur.3  → ../
        │   └── classeur.4  → ../
        ├── classeur0/
        │   └── <hash>.dat            ← blob chiffré AES-256-GCM
        ├── classeur1/
        ├── classeur2/
        ├── classeur3/
        └── classeur4/
    

    Les liens symboliques du registre pointent tous vers ../ (racine du foyer). Le chemin effectif d'un classeur est résolu en deux étapes : registre/classeur.N../classeurN/, soit registre/classeur.N/classeurN/. L'archivage tar préserve les liens tels quels (follow_symlinks(false)) — les suivre provoquerait une boucle infinie car ils pointent vers le dossier parent qui contient le registre lui-même.

    Format de config.feu

    Fichier texte, 2 + MAX_FOYERS lignes :

    <version>
    <prochain_index>
    <adresse_onion_foyer_0>
    <adresse_onion_foyer_1>
    <adresse_onion_foyer_2>
    

    version = 1. prochain_index vaut 4 après initialisation (incrémenté d'une unité par foyer créé, soit 1 + 3 = 4). Il est réservé pour la révocation d'une adresse .onion : quand un slot de foyer est révoqué, il reçoit le prochain index de dérivation disponible, ce qui produit de nouvelles clés et une nouvelle adresse. Le nombre de foyers reste fixe.

    Format des clés sur disque

    Clés chiffrées : 60 octets = nonce (12) || ciphertext (32) || tag (16). Chiffrement AES-256-GCM, nonce aléatoire à chaque écriture.

    Clés publiques : 32 octets bruts.

    Sel Argon2id : 16 octets bruts, en clair.

    Format des blobs

    Fichier <hash>.dat dans classeurN/. Le contenu est : nonce (12 octets) || ciphertext || auth tag (16 octets). Le hash (nom de fichier) est le SHA3-256 en hexadécimal minuscule du blob en clair.

    Archive du foyer

    Fermeture : dossier → .tar → chiffrement AES-256-GCM-stream → .feu. L'archive .tar intermédiaire est supprimée après chiffrement.

    Ouverture : .feu → déchiffrement AES-256-GCM-stream → .tar → extraction. L'archive .feu et le .tar sont supprimés après extraction.

    Format binaire de l'archive .feu :

    [nonce 7 octets] [chunk_1] [chunk_2] ... [chunk_n]
    

    Chaque chunk : plaintext (≤ CHUNK_SIZE octets) + tag AES-GCM (16 octets). Le nonce fait 7 octets (contrainte de la crate aead/stream, EncryptorBE32). CHUNK_SIZE = 4096 — constante privée au cryptographe, à ne pas confondre avec TAILLE_CHUNK (8192), qui est la granularité de lecture d'un blob par le Tiroir.

    Nuance de sécurité : le .tar est créé dans ~/.feu/ (même répertoire que les archives .feu), avec permissions 0o600. En cas de crash entre sa création et sa suppression, un .tar non chiffré contenant les données du foyer peut persister sur le disque.


    Constantes

    Constante Valeur Rôle
    MAX_FOYERS 3 Nombre de foyers par nœud
    MAX_CLASSEURS 5 Nombre de classeurs par foyer
    MAX_TAILLE_BLOB 512 Mio Taille maximum d'un blob en clair
    MAX_TAILLE_CHIFFREMENT_ASYMETRIQUE 1 Mio Taille maximum d'un message ECIES
    MAX_TAILLE_SIGNATURE 64 Kio Taille maximum d'un message à signer
    TAILLE_CHUNK 8 192 octets Granularité de lecture d'un blob par le Tiroir (en mémoire), pub(crate)
    CHUNK_SIZE 4 096 octets Taille des chunks du stream AES-256-GCM des archives .feu (constante privée au cryptographe)

    Plateformes supportées

    Linux et macOS uniquement. Le noyau repose sur des primitives Unix (permissions, liens symboliques, rename atomique, variables d'environnement) et lève une erreur de compilation sur toute autre plateforme.


    Environnement technique

    Edition Rust : 2024. Version 0.0.3 et licence GPL-3.0-or-later définies au niveau workspace, comme le lint missing_docs = "warn".

    Dépendances feu-noyau

    Crate Usage
    aes-gcm (std, zeroize) Chiffrement AES-256-GCM des clés, blobs et archives
    aead (stream) Chiffrement stream (EncryptorBE32 / DecryptorBE32)
    argon2 (std) Dérivation Argon2id depuis le mot de passe
    bip39 (rand, french, zeroize) Génération seed BIP39, dictionnaire français
    ed25519-dalek (zeroize) Paires Ed25519, signature déterministe, vérification stricte
    x25519-dalek (static_secrets) Paires X25519, ECDH
    hkdf Dérivation HKDF-SHA3-256
    sha3 SHA3-256 (HKDF, adresses .onion, hash content-addressable)
    slip10_ed25519 Dérivation hiérarchique SLIP-0010 Ed25519
    secrecy SecretBox<T> — zéroïsation automatique au Drop
    zeroize Zeroize, ZeroizeOnDrop
    tar Archivage/extraction des dossiers de foyer
    data-encoding (alloc) BASE32 (adresses .onion), HEXLOWER (hashes)
    rand Génération de nonces aléatoires (OsRng)
    thiserror Dérivation des types d'erreur

    Dépendances feu-application

    Crate Usage
    feu-noyau Dépendance locale (chemin relatif)
    secrecy SecretString pour le mot de passe et la phrase seed
    thiserror Dérivation de ErreurFeuApplication

    Dépendances feu-tui

    Crate Usage
    feu-application Dépendance locale (chemin relatif)
    ratatui Rendu de l'interface terminal
    crossterm Événements clavier, gestion du terminal
    secrecy SecretString (mot de passe, mots de la seed)

    Standards cryptographiques

    Standard Objet Référence
    BIP39 Seed mnémonique (12 mots) bitcoin/bips/bip-0039
    SLIP-0010 Dérivation hiérarchique Ed25519 (hardened) satoshilabs/slips/slip-0010
    RFC 8032 Ed25519 — signature déterministe, vérification stricte IETF RFC 8032 §5.1
    RFC 7748 X25519 — échange de clés (ECIES) IETF RFC 7748
    RFC 5869 HKDF — dérivation de clé IETF RFC 5869
    RFC 9106 Argon2id — dérivation depuis mot de passe IETF RFC 9106
    NIST SP 800-38D AES-256-GCM — chiffrement authentifié NIST SP 800-38D
    NIST FIPS 202 SHA3-256 NIST FIPS 202
    Tor v3 Dérivation adresse .onion torspec/rend-spec-v3.txt

    Garanties de sécurité

    1. La seed est la racine absolue — tout dérive d'elle ; en mode logiciel, elle est détruite en mémoire après dérivation.
    2. Toutes les clés sont dérivables depuis la seed — la perte des clés est récupérable par ressaisie de la seed (archives et blobs à sauvegarder séparément).
    3. Une clé, un usage — Ed25519 (signature), X25519 (échange), AES-256-GCM (chiffrement symétrique) strictement séparés.
    4. Les clés en clair n'existent qu'en mémoire — sur le disque, tout est chiffré. Exception connue : un crash pendant la fermeture d'un foyer peut laisser un .tar non chiffré dans ~/.feu/.
    5. Gardien / Cryptographe — le disque et le clair ne se rencontrent jamais dans le même composant.
    6. L'Archiviste ne voit jamais de clair — uniquement des blobs chiffrés et des hashes.
    7. Le Tiroir zéroïse — le blob en clair est zéroïsé dès remplacement par le chiffré, et à chaque vidage.
    8. Double chiffrement des blobs — clé de classeur (permanent), puis clé d'archive du foyer (à la fermeture).
    9. Stratification stricte (nouveau en v0.0.3) — la présentation (feu-tui) ne touche jamais le noyau directement : tout passe par feu-application. Le noyau n'affiche plus rien lui-même (suppression des méthodes d'affichage provisoires) ; il pousse des notifications d'état que la couche supérieure est libre d'utiliser. L'extinction du nœud (commande_extinction_noeud) libère le noyau et efface l'état applicatif, ne laissant aucune donnée applicative survivre.
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