• v0.0.1 dccef53bdf

    v0.0.1 Stable

    bertrand released this 2026-03-15 16:14:59 +00:00 | 87 commits to main since this release

    Feu — Release v0.0.1

    Date : 14 mars 2026
    Statut : première release
    Licence : GNU General Public License v3.0 ou ultérieure (GPL-3.0-or-later)
    Photo technique — ce document décrit l'état réel du code, pas les intentions de conception.


    Résumé

    Première version fonctionnelle de Feu. Interface CLI persistante. Cycle de vie complet d'un nœud et de ses foyers locaux : initialisation depuis une seed BIP39, dérivation déterministe de l'ensemble des clés, ouverture et fermeture des foyers sous forme d'archives chiffrées, changement de mot de passe.

    Aucun réseau. Aucune donnée utilisateur. Aucun classeur, registre ou ENU.


    Périmètre

    Cette version pose les fondations cryptographiques et le cycle de vie local du nœud.

    Ce qui est implémenté :

    • Génération d'une seed BIP39 (12 mots, dictionnaire français)
    • Dérivation hiérarchique SLIP-0010 de toutes les clés (nœud + 3 foyers)
    • Stockage chiffré des clés privées et symétriques (Argon2id + AES-256-GCM)
    • Ouverture/fermeture des foyers (archivage chiffré AES-256-GCM-stream)
    • Changement de mot de passe avec rechiffrement atomique du trousseau
    • Interface CLI persistante (Rustyline)

    Ce qui n'existe pas encore :

    • Réseau (Tor, gossip protocol)
    • Classeurs, registre
    • ENU (ENUd, ENUt, ENUr), IdNU
    • Tiroir
    • Relais, paquets

    Les foyers sont créés en nombre fixe (MAX_FOYERS = 3) à l'initialisation. Aucune création ni suppression après coup.


    Architecture

    Deux crates, séparation stricte entre logique et interface.

    feu-core — logique du protocole, exposée via la structure Feu<I>. Aucun composant interne n'est accessible depuis l'extérieur.

    feu-cli — interface CLI construite avec Rustyline. Implémente le trait InterfaceFeuCore et dispatche les commandes vers feu-core.

    Composants internes de feu-core

    Feu<I: InterfaceFeuCore> est le point d'entrée unique. Il orchestre deux composants :

    • Gardien — unique point d'accès au système de fichiers. Délègue la connaissance de l'arborescence à son Carnet. Maintient la configuration en mémoire via Configuration.
    • Cryptographe — unique composant autorisé à manipuler des données en clair. Maintient les clés déchiffrées dans son Trousseau.

    Cette séparation Gardien/Cryptographe est la décision architecturale fondatrice : le disque et la mémoire en clair ne se rencontrent jamais dans le même composant. L'isolation des surfaces d'attaque est structurelle, pas conventionnelle.

    Le transfert de données entre les deux composants passe par une couche intermédiaire : TrousseauPublicNoeud et TrousseauPublicFoyer (module cryptographe/trousseaux_publics.rs). Ces structures encapsulent les clés sous forme chiffrée ([u8; 60] par clé) prêtes à l'écriture disque, ou lues depuis le disque avant déchiffrement. Le Gardien ne manipule que ces représentations opaques — jamais les clés en clair.

    Session — état courant : nœud allumé ou non, état et adresse .onion de chaque foyer.

    Trait InterfaceFeuCore

    Contrat entre feu-core et toute interface utilisateur. Quatre méthodes : affichage, affichage d'erreur, saisie texte, saisie mot de passe. Toute interface (CLI, GUI, tests) implémente ce trait.

    Gestion d'erreurs

    Trois types d'erreur distincts, un par couche, construits avec la crate thiserror :

    • ErreurFeu (src/erreur.rs) — erreurs exposées par l'API publique de Feu<I>
    • ErreurGardien (gardien/erreur.rs) — erreurs filesystem et parsing
    • ErreurCryptographe (cryptographe/erreur.rs) — erreurs cryptographiques (Argon2id, AES-GCM, HKDF, Ed25519)

    Chaque couche expose ses conversions From vers la couche supérieure pour permettre la propagation avec ?. hkdf::InvalidLength ne satisfaisant pas std::error::Error, sa conversion est implémentée manuellement.


    Commandes

    Commande Description
    initialise Initialise un nœud vierge — ~/.feu doit être absent
    allume Charge la configuration et déverrouille le trousseau
    eteins Éteint le nœud — exige que tous les foyers soient fermés
    ouvre <n> Ouvre le foyer d'index n (0 à MAX_FOYERS-1)
    ferme <n> Ferme le foyer d'index n
    change mdp Change le mot de passe et rechiffre le trousseau
    liste -F Affiche l'état et l'adresse .onion de chaque foyer
    liste -C Affiche la liste des commandes disponibles
    version Affiche la version de feu-core
    quitte Quitte le programme — exige que le nœud soit éteint

    Contraintes d'état

    • eteins : tous les foyers doivent être fermés.
    • ouvre : le nœud doit être allumé, le foyer non déjà ouvert.
    • ferme : le foyer doit être ouvert.
    • change mdp : tous les foyers doivent être ouverts (clés en mémoire).
    • quitte : le nœud doit être éteint. Un Drop sur Feu panique si session.noeud == true — filet de sécurité contre toute sortie non contrôlée.

    Cryptographie

    Mode logiciel

    La v0.0.1 fonctionne en mode logiciel. L'architecture cible repose sur un hardware wallet, mais cette version reproduit le même processus de dérivation entièrement en mémoire : la seed et la clé maître SLIP-0010 sont générées, utilisées pour dériver l'ensemble des clés, puis détruites. Elles ne sont jamais stockées sur le disque.

    Ce mode garantit la compatibilité avec l'intégration hardware wallet future — seule la source de dérivation changera, pas l'architecture.

    Dérivation des clés

    La seed BIP39 (12 mots, dictionnaire français) est la racine absolue. L'arbre de dérivation est volontairement plat — un seul niveau de profondeur sépare le nœud des foyers. Toute la diversification se fait par le message signé.

    1. Seed BIP39clé maître SLIP-0010 (label "ed25519 seed") → détruite après dérivation.
    2. Clé du nœud — chemin m/0' (Ed25519, dérivation durcie). Clé privée stockée chiffrée sur le disque.
    3. Clés de chaque foyer — chemin m/i' (index 1 à MAX_FOYERS). La clé m/i' signe des messages normalisés ; chaque signature (64 octets) est passée à HKDF-SHA3-256 pour produire la clé opérationnelle.

    HKDF est appelé avec salt = None (remplacé par un sel zéro de 32 octets, RFC 5869 §2.2) et info = b"" (vide). La différentiation des clés opérationnelles est entièrement portée par le message signé (IKM), pas par le paramètre info.

    Message signé Dérivation Usage
    "feu-foyer-symetrique" HKDF → clé AES-256-GCM (32 octets) Chiffrement de l'archive du foyer
    "feu-foyer-paire-signature" HKDF → seed Ed25519 → paire de clés Signature réseau, dérivation de l'adresse .onion
    "feu-foyer-paire-chiffrement" HKDF → seed Ed25519 → conversion X25519 Chiffrement réseau
    "feu-foyer-classeur1" à "feu-foyer-classeur5" HKDF → clé AES-256-GCM (32 octets) Classeurs (dérivées puis détruites — non stockées en v0.0.1)

    Les clés de classeurs sont dérivées à l'initialisation pour valider la chaîne complète, puis effacées. Leur stockage sera traité lors de l'implémentation des classeurs.

    Sel Argon2id

    Dérivé de façon déterministe : la clé privée du nœud signe le label "feu-noeud-sel", les 16 premiers octets de la signature constituent le sel. Stocké en clair — toujours recalculable depuis la seed.

    Protection des clés au repos

    Argon2id(mot de passe, sel) → clé éphémère AES-256-GCM (32 octets). Toutes les clés privées et symétriques sont chiffrées avec cette clé éphémère. La clé éphémère et le mot de passe sont zéroïsés dès le trousseau constitué.

    Paramètres Argon2id effectifs (défaults de la crate, conformes aux recommandations minimales RFC 9106) :

    Paramètre Valeur
    m_cost 19 456 KiB
    t_cost 2 itérations
    p_cost 1 thread

    Zéroïsation des secrets

    Les secrets en mémoire sont zéroïsés automatiquement au Drop via la crate secrecy (SecretBox<[u8; N]>). Les features zeroize sont activées sur les crates aes-gcm, ed25519-dalek et bip39. Le mot de passe et la clé éphémère sont stockés dans des Option<SecretBox<...>> mis à None explicitement après usage, déclenchant la zéroïsation immédiate.

    Adresse .onion

    Dérivée de la clé publique de signature réseau du foyer selon le standard Tor v3 : base32(clé_publique || checksum_SHA3-256 || version). C'est l'identifiant unique du foyer — nom du dossier et des archives sur le disque.

    Séparation des fonctions cryptographiques

    Algorithme Fonction Usage
    Ed25519 Signature Clé de nœud (signature des IdNU à venir), signature réseau du foyer
    X25519 Échange de clés Chiffrement réseau (non utilisé en v0.0.1)
    AES-256-GCM Chiffrement symétrique authentifié Archives de foyer, protection des clés au repos
    Argon2id Dérivation depuis mot de passe Protection du trousseau sur le disque
    HKDF-SHA3-256 Dérivation de clé Production des clés opérationnelles depuis les signatures

    Structure disque

    Racine : ~/.feu/. Permissions : dossiers rwx------ (0o700), fichiers rw------- (0o600). Toutes les écritures de fichiers de clés sont atomiques : écriture dans <chemin>.tmp (0o600), puis rename sur la cible.

    Foyer fermé

    ~/.feu/
    ├── config.feu                    ← configuration globale (en clair)
    ├── .cles/
    │   ├── sel.feu                   ← sel Argon2id, 16 octets (en clair)
    │   ├── feu_sig.priv              ← clé privée de signature du nœud (chiffrée)
    │   ├── feu_sig.pub               ← clé publique de signature du nœud (en clair)
    │   ├── <onion1>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 1 (chiffrée)
    │   ├── <onion2>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 2 (chiffrée)
    │   └── <onion3>.cle              ← clé symétrique d'archive foyer 3 (chiffrée)
    ├── <onion1>.feu                  ← archive chiffrée foyer 1
    ├── <onion2>.feu                  ← archive chiffrée foyer 2
    └── <onion3>.feu                  ← archive chiffrée foyer 3
    

    Foyer ouvert

    L'archive .feu est absente. Le dossier est extrait à sa place :

    ~/.feu/
    └── <onion>/
        └── .cles/
            ├── sig.priv              ← clé privée de signature réseau (chiffrée)
            ├── sig.pub               ← clé publique de signature réseau (en clair)
            ├── chif.priv             ← clé privée de chiffrement réseau (chiffrée)
            └── chif.pub              ← clé publique de chiffrement réseau (en clair)
    

    Format de config.feu

    Fichier texte, 2 + MAX_FOYERS lignes :

    <version>
    <prochain_index>
    <adresse_onion_foyer_0>
    <adresse_onion_foyer_1>
    <adresse_onion_foyer_2>
    

    version = 1. prochain_index vaut 4 après initialisation (incrémenté d'une unité par foyer créé, soit 1 + 3 = 4). Il est réservé pour la révocation d'une IdNU ou d'une adresse .onion : quand un slot de foyer est révoqué (par choix ou compromission), il reçoit le prochain index de dérivation disponible, ce qui produit de nouvelles clés et une nouvelle adresse. Le nombre de foyers reste fixe. Non utilisé dans cette version.

    Format des clés sur disque

    Clés chiffrées : 60 octets = nonce (12) || ciphertext (32) || tag (16). Chiffrement AES-256-GCM, nonce aléatoire à chaque écriture.

    Clés publiques : 32 octets bruts.

    Sel Argon2id : 16 octets bruts, en clair.

    Archive du foyer

    Fermeture : dossier → .tar → chiffrement AES-256-GCM-stream → .feu. L'archive .tar intermédiaire est supprimée après chiffrement.

    Ouverture : .feu → déchiffrement AES-256-GCM-stream → .tar → extraction. L'archive .feu et le .tar sont supprimés après extraction.

    Format binaire de l'archive .feu :

    [nonce 7 octets] [chunk_1] [chunk_2] ... [chunk_n]
    

    Chaque chunk : plaintext (≤ 4096 octets) + tag AES-GCM (16 octets) = au plus 4112 octets. Le nonce fait 7 octets (contrainte de la crate aead/stream, EncryptorBE32). CHUNK_SIZE = 4096.

    Nuance de sécurité : le .tar est créé dans ~/.feu/ (même répertoire que les archives .feu), avec permissions 0o600. En cas de crash entre sa création et sa suppression, un .tar non chiffré contenant les données du foyer peut persister sur le disque.


    Changement de mot de passe

    Exige que tous les foyers soient ouverts — toutes les clés doivent être en mémoire pour être rechiffrées.

    Séquence : saisie du nouveau mot de passe (deux fois, avec vérification), dérivation Argon2id avec le sel existant, rechiffrement de toutes les clés (nœud + foyers), zéroïsation du mot de passe et de la clé éphémère, réécriture atomique de tous les fichiers de clés sur le disque. Le sel n'est pas modifié.

    Limitation v0.0.1 : change mdp n'est fonctionnel que dans la session d'initialisation, avant toute fermeture de foyer. Après un cycle ferme / ouvre, les clés de classeurs ne sont pas rechargées depuis le disque — elles sont absentes du trousseau en mémoire. Le rechiffrement échoue. Cette limitation sera levée lors de l'implémentation des classeurs (v0.0.2+).


    Constantes

    Constante Valeur Rôle
    MAX_FOYERS 3 Nombre de foyers par nœud, fixé à l'initialisation
    MAX_CLASSEURS 5 Nombre de classeurs par foyer (dérivés puis détruits — non utilisés en v0.0.1)

    Plateformes supportées

    Linux et macOS uniquement. Le protocole repose sur des primitives Unix (permissions, rename atomique, variables d'environnement). Une erreur de compilation est levée sur toute autre plateforme.


    Environnement technique

    Edition Rust : 2024.

    Dépendances feu-core

    Crate Usage
    aes-gcm (feature zeroize) Chiffrement AES-256-GCM des clés et archives
    aead (feature stream) Chiffrement stream (EncryptorBE32 / DecryptorBE32)
    argon2 (feature std) Dérivation Argon2id depuis le mot de passe
    bip39 (features rand, french, zeroize) Génération seed BIP39, dictionnaire français
    ed25519-dalek (feature zeroize) Paires de clés Ed25519, signature déterministe
    x25519-dalek (feature static_secrets) Paires de clés X25519
    hkdf Dérivation HKDF-SHA3-256
    sha3 SHA3-256 (HKDF, adresses .onion)
    slip10_ed25519 Dérivation hiérarchique SLIP-0010 Ed25519
    secrecy SecretBox<T> — zéroïsation automatique au Drop
    tar Archivage/extraction des dossiers de foyer
    data-encoding Encodage BASE32 pour les adresses .onion
    rand Génération de nonces aléatoires (OsRng)
    thiserror Dérivation des types d'erreur

    Dépendances feu-cli

    Crate Usage
    rustyline Édition de ligne REPL avec historique
    rpassword Saisie mot de passe sans écho
    colored Mise en forme colorée de la sortie

    Standards cryptographiques

    Standard Objet Référence
    BIP39 Seed mnémonique (12 mots) bitcoin/bips/bip-0039
    SLIP-0010 Dérivation hiérarchique Ed25519 (hardened uniquement) satoshilabs/slips/slip-0010
    RFC 8032 Ed25519 — signature déterministe IETF RFC 8032, section 5.1
    RFC 7748 X25519 — échange de clés, mapping birationnel Edwards↔Montgomery IETF RFC 7748
    RFC 5869 HKDF — dérivation de clé basée sur HMAC IETF RFC 5869
    RFC 9106 Argon2id — dérivation de clé depuis mot de passe IETF RFC 9106
    NIST SP 800-38D AES-256-GCM — chiffrement authentifié NIST SP 800-38D
    NIST FIPS 202 SHA3-256 — primitive de hashage unique du protocole NIST FIPS 202
    Tor v3 Dérivation adresse .onion depuis clé publique Ed25519 torspec/rend-spec-v3.txt

    Garanties de sécurité

    1. La seed est la racine absolue — tout dérive d'elle. En mode logiciel, elle est détruite en mémoire après dérivation.
    2. Toutes les clés sont dérivables depuis la seed — la perte des clés est récupérable par ressaisie de la seed. Les archives chiffrées doivent être sauvegardées séparément.
    3. Une clé, un usage — signature (Ed25519), échange de clés (X25519) et chiffrement symétrique (AES-256-GCM) sont strictement séparés.
    4. Les clés en clair n'existent qu'en mémoire — sur le disque, toutes les clés privées et symétriques sont chiffrées. En cas de crash, aucun secret ne persiste. Exception : un crash pendant la fermeture d'un foyer peut laisser un fichier .tar non chiffré dans ~/.feu/.
    5. Gardien/Cryptographe — le disque et les données en clair ne se rencontrent jamais dans le même composant.
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